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Comment diminuer l’anxiété dentaire des patients?

April 28, 2021

GÖTEBORG, SUÈDE – Bien que les causes puissent être floues et diverses, les effets de la peur du dentiste chez les patients sont bien visibles. Plus l’anxiété augmente, plus les patients risquent de fuir les rendez-vous et les soins dentaires et, par conséquent, de négliger leur santé buccodentaire. Une thèse présentée à l’université de Göteborg indique que le niveau de phobie dentaire a sensiblement baissé en Suède ces dernières décennies. Ce constat met en exergue les avantages de l’approche préventive de la santé buccodentaire.

Cette étude nationale portant sur 3.500 adultes sélectionnés au hasard dans la population suédoise a été menée par le Dr Lisa Svensson, dentiste dans un service public de soins dentaires, dans le cadre de son doctorat en médecine dentaire à l’université de Göteborg. Parmi les participants, 4,7% ont indiqué être très anxieux, 4,5% ont dit éprouver un niveau d’anxiété moyen et 9,8% ont qualifié leur dentophobie de faible. Les 80,9% restant ont répondu qu’ils n’avaient pas du tout peur du dentiste ­ un chiffre surprenant comparé à une étude similaire datant de 1962 où ils n’étaient que 38,5% dans la population suédoise.

D’après Lisa Svensson, il n’existe pas de réponse univoque à la question de savoir pourquoi la peur du dentiste a pratiquement disparu dans ce pays scandinave. «On pourrait invoquer les progrès techniques, l’accentuation des valeurs subjectives et le plus grand focus sur les soins préventifs en dentisterie ces dernières décennies», a-t-elle expliqué à Dental Tribune International.

«Une grande partie de la population se rend chez le dentiste dès son plus jeune âge ­ dès 3 ans en Suède ­ lorsque les problèmes de santé buccodentaire sont encore généralement rares. La population actuelle a aussi une meilleure santé buccodentaire que celle d’il y a 50 ans, ce qui a comme résultat que les traitements dentaires sont moins invasifs. Une majorité de Suédois reçoit des soins dentaires pendant de nombreuses années avant qu’un traitement ne soit nécessaire, ce qui peut prévenir la dentophobie.»

Contrôler les déclencheurs de l’anxiété

Le Dr Svensson a également découvert que la douleur et l’absence de contrôle étaient les stimuli les plus redoutés mentionnés par les personnes atteintes de phobie dentaire sévère. «Comme les dentistes peuvent assez facilement contrôler ces déclencheurs, il leur revient de prendre des mesures préventives afin de diminuer l’anxiété des patients», a-t-elle fait remarquer.

«Ne lésinez pas sur les anesthésiques locaux – et les antidouleurs généraux, si nécessaire – et donnez aux patients la possibilité de stopper l’intervention dentaire s’ils en éprouvent le besoin», a-t-elle déclaré à Dental Tribune International. «Informer les patients sur la procédure, ce que nous allons faire, pourquoi et quand, même quand elle est en cours, confère aussi aux patients une impression de contrôle.»

Bien que Lisa Svensson concède que les patients adultes atteints de dentophobie sévère «peuvent être référés à des cabinets spécialisés» pour un traitement comportemental psychologique, elle estime que les dentistes doivent néanmoins être capables de gérer ces patients, étant donné que «d’un point de vue clinique, les personnes ayant une peur bleue du dentiste se rendent souvent dans des cabinets généralistes».

«Les dentistes voient et traitent ces patients au quotidien, raison pour laquelle ils doivent veiller à les reconnaître», a-t-elle ajouté.

En ce qui concerne l’influence de la COVID-19 sur la peur du dentiste, Lisa Svensson indique qu’il est peut-être encore un peu trop tôt pour la constater. «Le développement de la phobie dentaire est un processus long. Toutefois, les personnes qui en souffrent évitent souvent les soins dentaires, et la pandémie de COVID-19 est une bonne excuse pour ne pas se rendre chez le dentiste et postposer de ce fait les soins dentaires indispensables», conclut-elle.

La thèse, intitulée Dental Anxiety: Prevalence, Measurements and Consequences, a été publiée en novembre 2020 par la Sahlgrenska Academy de l’université de Göteborg.

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