Dental Tribune Belgium (French)

Réduire la vitesse de forage pendant la pandémie

By Jeremy Booth, Dental Tribune International
February 19, 2021

LONDRES, ROYAUME-UNI Dès le début de la pandémie de SARS-CoV-2, les actes dentaires ont été considérés comme à risque de transmission du coronavirus. Les directives strictes en matière de prévention des infections ont aidé à prévenir la propagation du virus dans les cabinets. Toutefois, des chercheurs de l’Imperial College London et du King’s College London ont découvert qu’il est possible de diminuer encore davantage le risque de transmission via notamment une sélection et une utilisation encore plus judicieuse des forets.

Les chercheurs de ces deux universités britanniques ont mesuré et analysé les aérosols lors d’interventions dentaires. Dans la foulée de ce screening, ils ont proposé une adaptation des routines d’utilisation des forets dans un but de prévention de la transmission et de la contamination au SARS-CoV-2 dans les cabinets dentaires.

Dans un communiqué de presse commun, ils suggèrent d’une part de sélectionner et de régler de façon encore plus affûtée la vitesse de rotation des forets refroidis uniquement par eau. D’autre part, ils conseillent d’éviter les forets refroidis par eau et air. Ils ont établi des paramètres permettant de produire 60 fois moins de gouttelettes d’aérosols pendant les interventions dentaires comme les reconstructions.
Ces chercheurs ont découvert que les forets à turbine à air – les plus fréquemment utilisés – créent d’épais nuages de gouttelettes d’aérosols qui se propagent à une vitesse de 12 m/s et peuvent contaminer en peu de temps toute une salle de soins. 1 ml de salive d’un patient infecté contient jusqu’à 120 millions de particules virales, chacune capable de contaminer.

De plus, ils ont aussi testé un micromoteur électrique à couple élevé, avec et sans utilisation d’eau et d’air. Ce qui leur a permis de découvrir que l’utilisation de ce type de foret sans air à des vitesses inférieures à 100.000 rpm produisait 60 fois moins de gouttelettes que les modèles avec turbine à air. Outre des facteurs comme le positionnement du patient et la présence de systèmes de ventilation, ils ont également découvert que le type d’outil de coupe la quantité et le type d’eau de refroidissement utilisés influencent la diffusion de la concentration en aérosols dans les cabinets.


Illustrations de «le nuage formé par une turbine libre à vitesse stable (A), la diffusion probable de la concentration de gouttelettes pulvérisées sur base de >2.000 images (B) et son écart type (C). Pour l’interprétation de (B), les pixels rouges indiquent un risque de 100 % de recevoir une gouttelette à un moment, les pixels noirs indiquent un risque de 0 %. Sur (C), l’écart type est tracé sur une échelle équivalente». (Illustration: Imperial College London / King’s College London)

Les chercheurs ont encore souligné que les pauses actuellement indispensables entres les traitements dentaires limitent le nombre de patients par jour. Ils ont dès lors fait remarquer que leur étude pourrait aider les dentistes à comprendre comment diminuer la quantité d’aérosols générés afin de pouvoir éventuellement traiter plus de patients par jour.

«Ce travail décrit les mécanismes de base générant les caractéristiques des aérosols dentaires que nous considérons pour l’instant comme comportant un risque très élevé», a commenté le Pr Owen Addison, co-auteur de l’étude à la Faculté de Dentisterie, des Sciences Orales et Craniofaciales du King’s College London. «Il nous a permis de choisir des paramètres de forage afin de préserver la sécurité de nos patients et de l’équipe dentaire en ces temps difficiles. Bien que nous ne puissions pas proposer tous les traitements, parce que le ralentissement de la vitesse des forets ne permet pas toujours un travail efficace, nous avons maintenant la base pour faire plus que ce que nous avons fait ces six derniers mois.»

Le Pr Addison ajoute: «En raison de la pandémie de COVID-19, la dentisterie est devenue un secteur à risque, mais la nécessité des traitements n’a pas disparu pour autant! Nos suggestions pourraient aider à permettre à nouveau certains soins dentaires».
L’étude, intitulée «Mechanisms of atomization from rotary dental instruments and its mitigation», a été publiée en ligne le 16 décembre 2020 dans le Journal of Dental Research. Les suggestions des chercheurs sont reprises dans le document d’évaluation des preuves «Rapid Review of Aerosol Generating Procedures in Dentistry», publié le 25 septembre 2020 par le Scottish Dental Clinical Effectiveness Program.

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